Les familles sans papiers

Vous pourrez trouver, ci-dessous, le compte-rendu de la conférence de presse du Collectif contre le Racisme et les idées d’extrême droite, qui s’est tenue le lundi 16 Juin 2008 à la Maison Pour Tous d’Octeville :

« Les associations et citoyen-nes ici présent-e-s déjà engagé-e-s au plan local contre les menaces d’expulsion de certaines familles déboutées du droit d’asile (familles Mafundamene, Métrévili ou Draselia par exemple)  s’inquiètent d’une possible relance de la « politique du chiffre » en matière d’expulsion.       

       Nous savons que la pression est très forte dans ce sens et que la fin de l’année scolaire est une période propice aux arrestations car les autorités parient sur l’affaiblissement des réseaux de solidarité nés au sein des communautés scolaires.

       Le contexte général de la question de l’immigration est de plus marqué par un durcissement évident. Nous en voulons pour preuve la mise en discussion mercredi au Parlement européen de la « Directive de la Honte » qui prévoit notamment :

                               - un enfermement des étrangers pouvant atteindre dix-huit mois, pour le seul fait d’avoir franchi des frontières et de vouloir vivre en Europe. Cet emprisonnement sera décidé arbitrairement par l’administration sans aucun jugement et sans possibilité de se défendre.

                              - la détention et l’éloignement des personnes vulnérables (femmes enceintes, personnes âgées, victimes de torture,…) et des mineurs qu’ils soient ou non accompagnés, au mépris du respect de l’intérêt supérieur de l’enfant. Plus grave encore, le texte permet la détention et l’expulsion forcée des mineurs isolés vers un pays tiers (autre que leur pays d’origine) où ils n’ont ni famille ni tuteur légal.


Au plan local, RESF qui tient maintenant une permanence hebdomadaire a recensé plus d’une dizaine de familles ou d’individus (dont des mineurs isolés) potentiellement en danger. Il est probable que d’autres familles ou individus, qui n’ont pas fait appel à nous, soient aussi concernés.

Nous voulons donc nous adresser ici :

-    aux autorités en faisant savoir publiquement que nous avons réactivé une veille citoyenne pour organiser le plus rapidement possible la mobilisation en cas d’arrestation en vue de rétention et d’expulsion de sans papiers

-          à la population pour demander aux citoyen-n-e-s se sentant concerné-e-s  de répondre massivement aux appels éventuels à la mobilisation »

____________________________________________________________









Pour que Salome et Levani puissent continuer à construire leur vie en France

Salomé et Levani sont deux élèves fréquentant les écoles maternelles « Arc en Ciel » et de l’Alma à Cherbourg. Ils ont commencé à construire leur vie ici, apprennent à parler et à lire le Français et ont des camarades de jeu comme tous les enfants de France.

Seulement, voilà ! Leurs parents, qui ont dû quitter leur pays ( la Georgie) car ils y étaient persécutés par des autorités corrompues, sont arrivés pour l’essentiel au bout de leurs démarches visant à obtenir l’asile. Déboutés de ce droit essentiel (comme environ 80% des demandeurs), ils sont expulsables et leur sort ne dépend plus que du pouvoir discrétionnaire du Préfet.
La mobilisation de juillet dernier a sans doute évité le pire dans un contexte extrêmement tendu marqué par de nombreux drames humains consécutifs à la volonté du pouvoir de réaliser à tout prix un nombre d’expulsions déterminé à l’avance.
Le président de la République s’est montré à juste titre attentif aux victimes cet été. Le moins qu’on puisse dire est que sa compassion est singulièrement sélective.
 
Salomé et Lévani ont donc retrouvé leurs camarades à cette rentrée. Le combat doit cependant se poursuivre pour convaincre le Préfet de revenir sur sa décision et de réexaminer le cas de ces deux familles dans l’esprit de la circulaire du 13 juin 2006 qui avait justement pour vocation de faciliter la régularisation des parents d’enfants scolarisés.
La bataille juridique continue auprès de la justice administrative mais la meilleure garantie de succès repose évidemment sur la mobilisation de tous ceux parents, enseignants, citoyens qui veulent faire vivre la fraternité
 
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :